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MISSION DE RECONNAISSANCE ET D'EVALUATION PARCS ET JARDINS / PAYSAGES DE LA LITUANIE



8 au 13 juin 2001

__________________

Mission réalisée par l'Institut Européen des Itinéraires culturels (Grand-Duché de Luxembourg)

et

par le Centre culturel Européen des Jardins et du Paysage (Terrasson, France)

 

Mission préparée par le Ministère de la Culture de la Lituanie

Département de la Protection du Patrimoine de la Lituanie

 

 INTRODUCTION

 

Le programme des Itinéraires culturels - L'Itinéraire des Parcs et Jardins

 

Avant de présenter les caractéristiques et les conclusions de la mission réalisée en Lituanie, il nous semblait important de réaffirmer l’importance de la dimension des jardins et du paysage dans le cadre des Itinéraires culturels, ainsi que de re-préciser un certain nombre des caractéristiques de la démarche des Itinéraires culturels. Nous souhaitions également indiquer pourquoi le thème des « Parcs et Jardins » a été choisi il y a déjà huit ans comme un « itinéraire » susceptible de constituer une illustration « méthodologique » et enfin, comment il a été mis en œuvre et s’est progressivement élargi à la notion de paysage en passant ainsi d’un espace de « nature savante » à un espace de « nature cultivée ».

 

            Il est toujours utile de redire qu’un itinéraire culturel, au sens du Conseil de l’Europe, n’est pas seulement un parcours physique, même si il prend pour terrains d’exercices des lieux précis ou si il peut parfois suivre de très près les chemins empruntés par les Européens dans leurs pèlerinages, leurs échanges commerciaux ou leurs voies de découverte.

  

Un Itinéraire culturel se caractérise d’abord par un grand thème européen capable de mettre en valeur des questions fondamentales : identité, inter-culturalité, mémoire, thème à partir duquel sont déclinées et montées un ensemble d’actions par un ou plusieurs réseaux de partenaires qui en sont responsables.

  

Le Conseil de l’Europe possède la tutelle du choix et de l’élection des nouveaux thèmes et l’Institut Européen des Itinéraires culturels est chargé de suivre les actions et les réseaux qui les mettent en œuvre. Il est également responsable d’accueillir les nouvelles propositions thématiques susceptibles d’enrichir le cadre général. Il est enfin responsable d’assurer un travail de documentation, d’information et de communication.

 

Faire en sorte qu’un itinéraire vive et se développe, ne constitue donc pas un travail purement administratif, même si il est nécessaire d’aboutir régulièrement à des évaluations. Il s’agit d’abord d’un travail d’accompagnement qui se développe depuis l’origine d’une proposition jusqu’à la mise en œuvre des actions concrètes. C’est parfois même un travail d’ingénierie où, dans le cadre d’une convention d’objectifs, l’Institut est responsable pour ses partenaires ou pour des co-producteurs, de la réalisation d’un produit ou d’une production culturelle : exposition, livre….

 

Mais l’Institut est d’abord responsable de guider les partenaires, de les orienter dans leur travail, de leur trouver de nouveaux axes de coopération et d’étendre le thème à un maximum de pays européens, à partir d’un maximum d’angles d’approche des sujets. En ce qui concerne les Parcs et Jardins, il a même reçu une mission encore plus essentielle : celle d’en faire un outil méthodologique démonstratif.

 

Une utopie réaliste

 

Il ne faut pas non plus oublier une donnée importante : le programme des Itinéraires culturels du Conseil de l’Europe a été voulu par cette institution comme une « utopie réaliste ». Elle s’est affirmée comme telle, puisque la demande politique le concernant s’est située dès sa naissance à la croisée de trois démarches en apparence contradictoires.

 

-         Tout d’abord une démarche éthique et politique qui concerne le patrimoine et la culture. Une démarche fondée sur la défense et la diffusion des valeurs européennes fondamentales, voire de valeurs universelles fortes. Une démarche qui concerne  également le respect des chartes et des recommandations qui prennent force de loi dans les pays qui les ratifient. C’est cette démarche que le programme devait rendre visible et même « touchable » au plus près des lieux de vie des Européens, pour les habitants, comme pour les visiteurs. De plus il s’agissait de prendre en compte le fait que deux morceaux d’Europe longtemps séparés devaient trouver dans ce projet les moyens, non seulement d’apprendre à retravailler ensemble, mais mieux encore à confronter et à comprendre leurs différences, voire à analyser pourquoi et sur quelles bases, ces deux blocs s’étaient opposés durant de si longues années.

 

-         Mais il s’agit aussi bien entendu également d’une démarche scientifique fondée sur la recherche de l’authenticité et sur la confrontation la plus large des points de vue culturels multiples et des identités complémentaires.

 

-         C’est enfin une démarche de développement qui doit tenir compte des réalités locales, des besoins économiques et de situations culturelles et humaines très spécifiques pour que les projets culturels et patrimoniaux non seulement s’incarnent, mais qu’ils puissent aussi servir de moteur au développement durable.

 

 

Si on tente donc de résumer les caractéristiques de cette utopie, il s’agit d’aboutir à des « produits » culturels et touristiques ancrés dans des territoires précis, accessibles par le plus grand nombre et dont les discours d’interprétation et de médiation doivent contribuer à un meilleur dialogue et à une meilleure compréhension mutuelle des Européens, tout en rassemblant leurs mémoires éparses.

  

        La dimension paysagère

 

De manière certainement paradoxale, la conscience d’une dimension paysagère dans l’ensemble des itinéraires culturels n’a été réellement prise en compte que de manière très récente. Pourtant, depuis l’élection des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle par le Conseil de l’Europe en 1987, la question de la traversée du paysage constitue une dimension centrale des itinéraires culturels - qui n’est pas toujours mise en avant - mais qui reste pourtant essentielle à l’expérience « physique » des itinéraires. Il est clair que la démarche culturelle et patrimoniale qui a accompagné ou conduit la recherche des contenus scientifiques des thèmes a été le plus souvent une démarche historique destinée à marquer ce qui faisait trace, et à mettre en valeur en quoi ces traces prenaient un sens dans une explication contrastée et riche de l’histoire de l’Europe. De même, la composante humaine ancienne (traces archéologiques, écrites, chantées, contées…), ou la composante récente (artefacts, lieux du travail, lieux de vie, vécu du spectacle, récits de parcours…) ont permis de donner un sens et une épaisseur à des besoins nouveaux en matière d’aménagement.  Autrement dit, si les dimensions temporelle et humaine ont été prises en compte, la dimension de la géographie physique, ainsi que celle de la nature ont  été le plus souvent ignorées.

  

Cela tient en grande partie au fait que la plupart des institutions et des administrations qui sont impliquées dans ce programme ont l’habitude de ne retenir de l’expression Itinéraire culturel que le terme culturel, et de ne penser qu’aux formes d’itinéraires historiques et humains. Ou pour le dire autrement : que les services culturels ne travaillent que très rarement avec les services de l’environnement ou de l’aménagement du territoire.

  

Pourtant, de nombreuses propositions qui sont parvenues à l’Institut ou qui ont été élues par le Conseil de l’Europe présentent de manière claire une dimension paysagère, qu’il s’agisse du paysage rural ou du paysage urbain. Le territoire y est en effet abordé sous différents angles que nous citons ici volontairement dans le plus grand désordre : protection et valorisation de l’habitat rural vernaculaire dans son contexte environnemental large, rôle des monastères et des voies de pèlerinage dans l’aménagement historique des territoires, réflexions fondamentales sur la naissance de la notion même du mot « paysage » dans la peinture européenne, recherche des marqueurs identitaires du paysage liés à  certaines activités humaines (culture du mûrier pour le ver à soie, culture de l’olivier ou de la vigne, création d’entreprises agricoles ou industrielles en territoire rural, aménagements industriels urbains…). Or le paysage constitue un patrimoine tout aussi « parlant » en termes européens que le patrimoine architectural.

 

Pour aller plus loin encore, l’analyse de la mémoire du paysage rural et du paysage urbain constituent certainement deux axes de travail qui peuvent éviter des erreurs graves en ce qui concerne l’aménagement et l’urbanisme ou qui peuvent permettre d’en réparer certaines.

  

Les itinéraires culturels touchent donc – sans l’avoir vraiment accepté pendant des années - à de multiples dimensions du paysage culturel : mémoire, histoire, parcours, lieux de vie, archétypes.. Il faut donc en prendre toute la dimension anthropologique. Comme l’indique Simon Schama (1) : « Alors, si nous reconnaissons à juste titre que l’influence des hommes sur l’écologie de la terre n’a pas été sans inconvénients, admettons aussi que le long commerce entre la nature et la culture n’est pas une série de calamités prédéterminées et sans contreparties. Du moins rendons justice à l’œil humain, car c’est son regard qui fait toute la différence entre la matière brute et le paysage. ».

 

                Naissance d’une démarche

 

Comme nous l'avons déjà indiqué, le thème des Parcs et Jardins a été élu en 1993 à titre d’exercice méthodologique. Par conséquent, il s’est agi de réunir des experts de toutes les disciplines liées au sujet et qui nous indiquent à la fois qu’elles étaient la valeurs européennes d’un tel sujet, mais qui sachent également faire la part des priorités d’actions.

 

Cette réunion qui s’est tenue à la Palazina di Caccia di Stupinigi près de Turin a certainement constitué l’un des exercices les plus productifs de toutes les réunions de « brain-storming » concernant ce programme. En effet, on peut dire que les experts présents : botanistes, architectes, historiens, conservateurs de jardins, agronomes, créateurs, enseignants… ont su mettre en évidence toutes les implications théoriques et pratiques de ce thème, à tel point que sept ans après, toutes les actions entreprises sont encore fondées sur cette première confrontation.

 

La dimension pluridisciplinaire

 

Un jardin est par essence un lieu de rencontre entre les cultures scientifique, technique et artistique. Il permet donc de réapproprier des connaissances éparses, d’en faire la synthèse et de constituer des groupes de travail extrêmement riches. Dans le domaine pédagogique, il permet également de faire appel aux qualités diverses d’élèves dont les capacités ne sont pas seulement intellectuelles.

 

La dimension de citoyenneté

 

Un jardin est par nature un site dont la responsabilité se transmet de génération en génération, mais aussi un site sur lequel le travail effectué dans l’instant présent ne trouvera une partie de ses résultats que plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’années plus tard. Il assure donc un lien, une continuité et même une coopération entre les générations. De plus, par le travail très concret qu’il implique, il peut permettre un travail de réinsertion sociale par une prise en compte concrète et immédiate du résultat social du travail.

 

La dimension d’identité.

 

Un jardin est toujours ancré dans un territoire, mais il est en même temps un lieu de mélange, de greffe et d’hybridation tant des cultures savantes que des pratiques horticoles. Un jardin, ne serait-ce que par la variété des origines des plantes qui s’y trouvent, constitue une ouverture sur le monde. Dans nos sociétés multiculturelles, il permet à chacun de retrouver des éléments de sa propre culture et de comprendre, intellectuellement et pratiquement, comment les cultures interfèrent entre elles et se combinent.

 

Entre le vivant et l’artificiel

 

Le fait qu’un jardin puisse inclure des végétaux et des animaux et qu’il les mette en scène, il constitue  – c’est une évidence –  une mise en scène de la nature. Mais les termes de cette mise en scène ont beaucoup évolués au cours des âges. On peut même dire que le plus grand procès qui s’est joué au cours de l’histoire des jardins, est celui de la part de « domestication » que l’homme a osé exercer sur la nature, de la manière dont il a manié et dosé le naturel, dont il a accepté la vie des végétaux, dont il a introduit l’artifice et l’artificiel : jardins paysagers anglais, sans limite et sans clôture, jardins d’automates, de machineries, de jeux d’eau de la Renaissance, du Baroque…et du Classicisme, jardins naturels de William Robinson, jardins en mouvement de Gilles Clément…Quel meilleur sujet pour les nouveaux adeptes de la société informatique que de se confronter à un domaine où s’est déjà joué depuis longtemps une partie dont ils sont devenus familiers : le conflit du réel et du virtuel ?

 

La dimension de mémoire. Symboles, reprise de lecture

 

J’ai toujours tendance à affirmer qu’avec les patrimoine religieux, les parcs et jardins constituent le patrimoine le plus complexe en termes de symbolique. Si la plupart des données de sens qui sous-tendent la structure des édifices religieux et des représentations imagées ou sculptées qu’ils portent sont en effet devenus « illisibles » pour la plupart de nos contemporains, par suite de l’effacement des pratiques religieuses ou de la connaissance du rôle du religieux dans la société, les jardins sont eux-mêmes sujets à deux sortes d’effacement : la perte des savoirs botaniques et la perte des savoirs symboliques. Un jardin historique est toujours fondé sur un programme architectural, lui-même appuyé sur un parcours et une initiation. C’est au sens propre, une métaphore. Son dessin, ses perspectives, ses masses, ses statues, le mouvement de l’eau, les « fabriques » qui y sont construites et, bien entendu, les plantes qui s’y trouvent « racontent » une histoire : légende, reflet du pouvoir de son propriétaire, amour de la philosophie ou de la géométrie…Il existe une lecture sociale, une lecture du voyage et de l’errance, une lecture culturelle du jardin. Un travail essentiel restait donc à faire pour permettre de reprendre ces éléments de mémoire épars, dans un contexte européen.

 

La dimension du spectacle

 

Le jardin est un lieu de la représentation de soi et un lieu propice à la représentation et au spectacle. Le jardin a accueilli toutes les sociétés qui souhaitaient ancrer sur un territoire l’image de leur pouvoir social ou économique. Le rôle des créateurs et des artistes en constitue l’un des éléments forts et ceci, une fois de plus, dans la confrontation des cultures. C’est une autre scène, souvent délaissée qui se trouve là à réinvestir.

 

La conscience planétaire

 

On dira enfin, à la suite de Gilles Clément que la pratique du jardinage - comme donnée quotidienne et intime – et que la lecture du paysage sont certainement deux démarches qui entraînent une prise de conscience planétaire, une prise de conscience de la diversité biologique et une prise de conscience de la durabilité, selon des voies directes et intimes. La récente exposition de ce créateur de jardins, intitulée « Le jardin planétaire » nous demandait  clairement : « Existe-t-il, à l’échelle planétaire, des actions comparables à celles qu’engage le jardinier dans son jardin ? Peut-on déplacer le vocabulaire du jardin, ordinairement associé aux espaces réduits et clos, vers un espace apparemment immense et ouvert ?» (2). Par conséquent, quel meilleur sujet que le jardin pour tenter de comprendre le rapport du local et du global ?

 

Un réservoir de compétences

 

Par la diversité des pratiques qu’ils engagent, les parcs et jardins peuvent également permettre un exercice de confrontation des savoirs. Les métiers qu’implique le maintien d’un jardin sont multiples et rendent nécessaires des réactualisations constantes, Il se joue dans le jardin une course contre la disparition de savoir-faire qui en fait un véritable défit à relever, surtout si on songe que l’Europe réouverte nous permet de reprendre des échanges à l’échelle du continent.

 

Les besoins à l’Est de l’Europe

 

Toujours à l’échelle du continent retrouvé, on perçoit au travers des jardins et du paysage un véritable enjeu de coopération. Non seulement parce qu’il existe une solidarité de fait dans la gestion des espaces naturels bien au-delà des frontières, mais aussi parce qu’une grande partie de l’Europe des jardins a été laissée en friche pendant des décennies. L’Europe des jardins était une, avant de se fragmenter. L’Europe des jardins constituait une véritable société dans la société, un état dans l’état, mais aussi une source d’échanges qui allait contre la logique même des états. A titre d’hypothèse on peut avancer que la collaboration et la confrontation concernant l’état des jardins de territoire et des jardins urbains, à l’Est comme à l’Ouest, constitue également un véritable enjeu pour lequel des équipes peuvent se mettre en place pour réaliser  des actions communes qui dépassent à nouveau la logique des sociétés et la logique des états nations.

 

Le fait que le Ministère de la Culture de la Lituanie se soit adressé à l'Institut Européen des Itinéraires culturels ne doit donc pas surprendre. Il s'agit là d'un exemple qui illustre à la perfection cette nécessité de ré-appropriation des territoires européens. Les Parcs dessinés et conçus par le paysagiste français Edouard André ne peuvent en effet se comprendre (et donc être présentés au public lituanien et aux visiteurs étrangers) que dans une logique historique de l'Europe. De meme, par exemple, l'importance en Lituanie de la nature ne peut être mise perspective que dans une explication qui doit tenir compte de la christianisation tardive des territoires.

 

L'Europe ne peut s'expliquer à ceux qui participent dans leur vie quotidienne et à sa réunification que dans la réunion des références historiques concernant la circulation ancienne des idées, des hommes et des cadres de vie.

Les jardins constituent un cadre idéal pour cette perception parce qu'elle peut s'y réaliser à la fois intellectuellement et intuitivement.

 

                Entre deux pôles

 

Les experts réunis à Turin avaient donc, rejoignant en cela l’utopie réaliste qui s’était proposée à l’origine du programme, suggéré que cet exercice méthodologique se situe entre deux extrêmes, pourtant moins éloignés qu’il ne pourrait y paraître.

 

Plutôt que de développer à nouveau les arguments mis en avant par les experts, ces deux extrêmes pourraient être caractérisés par deux citations qui décrivent l’un la dimension purement écologique, conscience du jardin planétaire et l’autre la dimension pédagogique et citoyenne, conscience du temps qui passe.

 

L’une est très courte et très forte, l’autre est plus métaphorique :

 

« Un jardin, c’est un morceau de terre, et l’éternité » (Gilles Clément).

 

« Dans le matin au bout d’une allée assez longue pour remonter le temps, deux silhouettes. Un enfant gambade autour d’un homme qui parle. C’est la leçon de jardin…Des oiseaux chantent. Un chien fouille la terre. Le père promène son fils dans l’univers des plantes. Il lui apprend à reconnaître et à nommer, à regarder et à humer. Il enseigne l’utilité des abeilles, que les poires comices trop vertes donnent la colique, que les saisons marchent, que l’hiver il faut travailler le sol si l’on veut un riche printemps. L’enfant joue avec le chien et fait mine de n’écouter rien. Qu’importe l’école officiellement fréquentée. Est-il au monde meilleur premier maître qu’un père savant des choses naturelles ? (3) (André Le Nôtre. Portrait d’un homme heureux. Erik Orsena).

 

                Des lieux et des modalités de travail

 

A partir de toutes ces suggestions concernant la nature unique des jardins comme espace de pluridisciplinarité, de confluence et de citoyenneté européenne, on imagine facilement que les actions qui ont été entreprises par les partenaires du Conseil de l’Europe et de l’Institut ont concerné de manière prioritaire la  question de la reprise de mémoire et celle de la pédagogie. C’est donc d’abord vers les jeunes que l’Institut s’est tourné pour créer des réseaux de jardins et des réseaux scolaires. Quinze établissements scolaires travaillent aujourd’hui ensemble et avec l’Institut, et ceci de manière parfaitement pluridisciplinaire, en France, Belgique, Allemagne et Grande-Bretagne à partir d’un ouvrage essentiel pour l’histoire des jardins : « Le Songe de Poliphile » (4).

 

Mais il nous a également semblé important de choisir les jardins emblématiques parmi ceux qui – peut-être moins connus que d’autres – ont modifié, à l’endroit où ils ont été conçus et placés, le rapport social ou le sens de l’espace. Ceux  qui ont également  joué un rôle de symbole et de ré appropriation de la mémoire. Ils constituaient la base du choix que nous avons effectué dans l’ouvrage « Leçons de jardins à travers l’Europe » (5)

 

C’est par exemple le jardin restitué, comme « The lost gardens of Heligan » en Cornouailles.

Le jardin de la mémoire religieuse « Le jardin des Trois cultures » à Madrid.

Le jardin symbole, celui qui va s’inscrire sur les deux rives du Rhin à Strasbourg.

Le jardin sauvage et en mouvement de Gilles Clément en espace urbain, sur les bas-côtés du métro de Lausanne en Suisse.

Le jardin ethnobotanique sur les rapports de l’homme et du végétal à Salagon en France.

Ou enfin, le jardin histoire qui récapitule tous les jardins du monde à Terrasson en Dordogne.

 

Pourquoi Terrasson comme tête de réseau ?

 

C’est d’abord avec la ville de Terrasson, avec le Centre culturel et avec « Les jardins de l’Imaginaire » que nous avons décidé de créer une tête de réseau pour des actions de coopération européenne.  Ce jardin est en effet situé dans une petite localité du Périgord, une ville de 6.500 habitants. Le patrimoine architectural de cette ville est intéressant et attire déjà les visiteurs, mais la question de la fréquentation touristique se pose bien entendu dans un contexte régional où les sites préhistoriques constituent des sites majeurs vis-à-vis desquels il faut proposer une alternative forte. Au-dessus de la vallée de la Vézère et de la ville il existait un espace en bordure de forêt permettant de découvrir l’ensemble du site. Après l’exploration de différents projets d’animation, c’est ce site même qui a été choisi pour créer un jardin. A la fin des années 80, un concours architectural a été lancé pour aménager cet espace sur une programmation très ambitieuse, puisqu’il s’agissait de traiter des jardins de l’Humanité, de présenter en quelques sorte des « fragments de l’histoire des jardins ». La lauréate, Kathryn Gustafson, aidée de Philippe Marchand et Ian Ritchie, a réalisé cet espace à la fois à partir de matériaux récents et de techniques traditionnelles, comme les murs de pierre enserrés de fils de fer, les gabions. Des tunnels de verdure, un fil d’or placés au travers des arbres, ainsi que de grands archétypes symboliques : jardin d’eau, canaux, charmilles, serre… permettent de visiter ce jardin à la manière d’un livre de contes.  Un élément fort de la structuration de ce jardin est élément aquatique, canalisé ou bondissant, jaillissant aussi du sol dans un jardin d’eau revisité par l’esprit de la modernité. Cette eau finit sa course sur des gravures placées au sol et reprenant les cartes géographiques d’un certain nombre de grands fleuves du monde qui renvoient le jardin à sa dimension planétaire.

Après avoir lancé un salon du livre de jardins et de l’imaginaire, après avoir encouragé le tissu scolaire et invité des jardins créés pendant le Festival de Chaumont, « Les Jardins de l’Imaginaire » vont maintenant passer un nouveau cap important dans leur développement. La municipalité a en effet décidé la création d’un « Centre culturel européen des jardins et du paysage » qui fasse la liaison entre les jardins et le Centre culturel et qui mette également Terrasson en position de centre de ressources, de lieu de rencontre et de formation, alliant un programme d’animations à un programme de mise en commun d’expériences professionnelles susceptibles de répondre à certaines des questions de l’aménagement paysager du territoire européen.

 

Cet effort de mise en réseau doit se développer tout particulièrement vers les Pays de l’Est et du Centre de l’Europe qui sont à la recherche de nouvelles coopérations tant sur le plan de l’amélioration des formations, que des  statuts professionnels et bien entendu en terme d’interventions sur les patrimoines historiques ou l’aménagement paysager contemporain.

 

Du jardin au paysage, l’Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe prend donc aujourd’hui tout son sens. D’un exercice de méthodologie, il est ainsi devenu une réalité qui a su trouver son contour et ses lieux de ressources et de rencontre. Une utopie incarnée.

 

Références :

 

(1)   SCHAMA (Simon). Le Paysage et la mémoire. Editions du Seuil Paris 1999.

(2)   CLEMENT (Gilles). Le jardin planétaire. Réconcilier l’homme avec la nature. Albin Michel Paris. 1999. 

(3)   ORSENA (Erik). Portrait d’un homme heureux. André Le Nôtre 1613-1700. Fayard Paris. 2000.

 (4)   COLONNA (Francesco). Le Songe de Poliphile. Aldus Manutius Venise. 1499.

 (5)   THOMAS-PENETTE (Michel) et FAUQUE (Claude). Leçons de jardins à travers l’Europe. Alternatives Paris. 1998.

 

LA MISSION

 

        I / Contexte de la mission

            

I.1 Origine

 

Le projet de cette mission est né à Terrasson en septembre 2000 lors du premier séminaire de travail entre architectes paysagistes de l'Est et de l'Ouest de l'Europe qui a réuni des experts français, anglais, italiens, hongrois et lituaniens. Lors de ce séminaire, M. Alfredas Jomantas a en effet effectué une présentation générale des Parcs et Jardins de Lituanie qui, par l'ampleur du patrimoine paysager présenté, a véritablement surpris les participants. L'Institut était déjà averti de la mise en place dès le milieu des années 90' d'une association lituanienne concernant les Parcs lituaniens, ainsi que du fait que l'ICOMOS avait réalisé une première mission d'évaluation et que, enfin, l'Association Edouard André avait entrepris des démarches à propos des parcs lituaniens du paysagiste Français. Nous savions également que les Journées Européennes du Patrimoine avaient été consacrées en 1999 à une présentation des Parcs historiques lituaniens (1).

 

            Nous citerons ici une partie de l'intervention de M. Jomantas qui a clairement déterminé les deux partenaires : l'Institut et le Centre culturel a répondre à la demande lituanienne : " On  compte environ 1000 parcs et jardins historiques en Lituanie. La moitié d’entre eux ont subit des altérations de structure importantes, essentiellement parce qu’ils ont perdu leurs propriétaires ou bien leurs utilisateurs et ceci à long terme. Bref, ils sont restés abandonnés pendant des années (par exemple le parc Belvederis). Cela ne veut dire en aucun cas qu’ils n’ont plus de chance d’être revitalisés si les conditions sociales changent. La preuve de cette affirmation est constituée par deux parcs historiques qui après avoir supporté des conditions très difficiles, et avoir été abandonnés pendant longtemps, reprennent actuellement leur beauté et leur charme, grâce aux travaux menés par les nouveaux propriétaires. Il s’agit de parc de Kairėnai près de Vilnius et du parc de Burbiškis. Ces quelque 500 parcs sont souvent ceux dont les ensembles architecturaux sont abandonnés : très souvent ce sont d’anciens centres d’administration des anciens kolkhozes ou d’écoles déjà fermées, ou bien des propriétés très éloignées des routes principales. Les autres 500 parcs sont dans des conditions d’entretien très inégales. Il en va de même de leur  niveau de fonctionnement. On compte quelques dizaines de parcs historiques qui sont entretenus plus ou moins régulièrement :  ce sont ceux qui sont la propriété des organisation scientifiques (les jardins botaniques de l’Université Vytautas Magnus de Kaunas et de l’Université de Vilnius, parc de l’Institut botanique a Verkiai ) ou bien ceux dont la fonction est la  représentation (parc de la Présidence, parc de la ville de Alytus , parc de la ville de Pasvalys) de même ceux qui se trouvent dans les sites balnéaires (parc botanique de Palanga). On compte à peu près une vingtaine de parcs historiques qui ont accueilli une fonction muséale au cours de la dernière décennie et qui sont bien entretenus (parc de Burbiskis, parc de musée de Kretinga, parc de musée de Rokiskis, parc de musée d’art a Plunge, parc de Rietavas). Malheureusement il faut constater qu’au cours des réformes et des transformations surtout dans le domaine de l’éducation et de la culture, les parcs historiques qui étaient la propriété de ces organisations, sont de plus en plus en situation d’abandon faute de financement. Heureusement que les structures du Ministère de l’Environnement – les Parcs Nationaux et Régionaux en étroite collaboration avec les municipalités prennent sous leurs protection ces parcs ( p.ex. parcs de Plateliai, de Žagare, de Raudone, de Kurtuvėnai et autres). Quelques dizaines de parcs historiques ont été rendus aux descendants des anciens propriétaires tandis que d’autres ont été récemment privatisés. Malheureusement très peu parmi eux sont en mesure de faire face aux problèmes d’entretien ou de restauration. La pire situation se rencontre pour les parcs qui sont la propriété des entreprises qui sont en train de faire faillite: souvent les ensembles sont déjà découpés en parcelles ou bien les châteaux ont été privatisés en ne gardant qu’un morceau de terrain environnant. Une situation très instable et problématique règne dans quelques dizaines de parcs qui sont la propriété des hôpitaux  parce que ces organisations ont perdu le financement de l’état pour leur entretien. Bref, le destin de beaucoup de parcs est lié aux nouvelles fonctions des parcs, aux nouvelles formes de gestion, à des formes de soutien faisant intervenir le parrainage, au développement du tourisme, et de prospectives du développement des territoires. Mais un phénomène important est a souligner quand on parle des parcs en Lituanie. Les organisations non gouvernementales et les mouvements libres – depuis  1922 déjà  - sont très favorables à la protection et à la création des parcs. Une des grandes initiatives relativement récentes date de 1989 quand sur un territoire de 30 hectares les habitants décidèrent de planter 7 000 chênes a la mémoire de la Renaissance nationale. On compte par dizaines ces initiatives: Parc des pierres de V. Inta au nord du pays, parc dendrologique de Skinderiskes, parc des légendes de Dainava dans le sud du pays, parc de l’Europe près de Vilnius (http://www.elnet.lt/menai/europarkas/) parc botanique de Zemaitija . L’intérêt qui est porté pour les parcs a l’ouest du pays (territoire historique appelé Žemaitija, dans les textes historiques appelé Duché de Samogitie) est systématisé par l’Association de la culture des Zemaiciai . Sur la page web de cette association vous trouverez une “Route des parcs de Žemaitija” - des dizaines de parcs sont décrits en anglais et en lituanien et illustrés de photos et de  plans (http://mpkelias.mch.mii.lt/ )." (2)

 

                 I.2 Réalisation pratique  

 

La mission a été réalisée à l'invitation du Ministère de la Culture de Lituanie qui a assuré le choix du parcours, des lieux visités et des personnes rencontrées et a préparé la logistique et le financement des visites (déplacements, accueil, mobilisation des responsables de Parcs municipaux, de Parcs naturels, O.N.G., propriétaires privés….). Nous devons remercier à cette occasion M.Alfredas Jomantas, membre du Comité du Patrimoine culturel du Conseil de l'Europe et M. Kestutis Labanauskas, spécialiste en chef pour les Parcs, tous deux appartenant au Département de protection du patrimoine de Lituanie qui nous ont accompagnés et guidés lors de ces visites.

 

Le choix des experts dont les voyages ont été pris en charge par l'Institut et le Centre culturel de Terrasson a tenu compte de plusieurs critères : apporter une connaissance des questions de protection, de restitution et de restauration des Parcs historiques, apporter une connaissance du management et de l'animation des Parcs historiques et contemporains, apporter une connaissance de la dimension architecturale dans un contexte de territoire et enfin, confronter les regards et les analyses de spécialistes de l'Ouest et de l'Est de l'Europe.

 

La mission a donc été effectuée par trois personnes dont les expériences sont très complémentaires:

 

Mme Mariachiara Pozzana, Italie, architecte, ancienne responsable des Jardins Boboli, auprès de la ville de Florence, responsable d'une agence indépendante d'architecture paysagère et responsable, avec l'Institut culturel français de Florence, de séminaires de formation sur la restauration des Parcs historiques.

 

Mme Marie-Paule Baussan, France, ancienne directrice commerciale d'une marque de produits cosmétiques naturels, ancienne responsable de l'information du "Festival des Jardins" de Chaumont, chargée de mission et responsable de la politique d'information des Jardins de l'Imaginaire à Terrasson, commissaire du salon des livres de jardin et de l'imaginaire "La plume et le râteau" et responsable de collection chez l'éditeur Actes Sud.

 

Mme Claudia Constantinescu, Roumanie, architecte chez PRODOMUS S.A à Bucarest, expert du Conseil de l'Europe (programme Leonardo Caravella sur les métiers de la restauration du bâti patrimonial) et de l'Institut Européen des Itinéraires culturels, commissaire du concours "Interventions architecturales contemporaines en milieu rural dans les villages d'intérêt patrimonial et touristiques des Pays du Centre et de l'Est de l'Europe".

 

La mission a été accompagnée par M. Michel Thomas-Penette, Directeur de l'Institut Européen des Itinéraires culturels.

 

I.3 La Lituanie - contexte général

 

Une première approche du contexte a été fournie par Mme Constantinescu qui a souhaité insister en préambule "sur la situation actuelle du pays visité, afin de mieux comprendre les réalités du terrain et de pouvoir mieux les interpréter." Nous avons retenu de cette approche les éléments qui permettent en effet de mieux comprendre certaines données économiques de base - et tout particulièrement dans le domaine agricole et forestier-, ainsi que les liens de la Lituanie avec les Organisations internationales puisque ces données sont essentielles pour construire des coopérations à long terme.

 

Au moment de son indépendance, la Lituanie s'est trouvée confrontée à une grave crise économique dont elle a commencé à se relever à la fin de l'année 1993. En 1997 déjà, le PIB par habitant était de 2.270 $, ce qui situerait la Lituanie dans la fourchette inférieure des pays considérés comme relativement riches (PIB/hab/an compris entre 2.000 et 8.000 $). La croissance de 1997 placerait la Lituanie, avec la Croatie, en tête des pays d'Europe centrale et orientale en termes de croissance du PIB. En plus, l’inflation semble maîtrisée en ce moment et la réforme monétaire réussie : la devise nationale, le Litas, est liée depuis le 1er avril 1994 au dollar au taux de 1USD = 4 LTL dans le cadre d'une réforme instaurant un Conseil monétaire. C’est ainsi que la monnaie nationale est convertible et il n'y a ni monnaie ni taux de change parallèle.

 

En mai 2001 le salaire moyen mensuel était de 249 USD.

 

Le processus de privatisation présente un état d'avancement différent selon les secteurs concernés. Selon la Banque Mondiale, 50 à 65 % des entreprises publiques auraient été privatisées.

 

Le bilan des investissements étrangers dans la plus méridionale des républiques baltes reste assez modeste. Au 1er janvier 1998, le montant cumulé des investissements étrangers effectivement déboursés était de 1,04 milliards de USD, les premiers investisseurs étant :

 

PAYS

MONTANT INVESTI (M.USD)

% DU TOTAL

Etats-Unis

271,50

26

Suède

128,75

12,4

Allemagne

116,75

11,2

GB

80,75

7,8

Danemark

64,25

6,2

Estonie

45

4,3

Luxembourg

39,75

3,8

Norvège

34,25

3,3

 (Source : Département des statistiques – Lituanie)

 

Il semble qu'à ce jour ce sont surtout les bas coûts salariaux qui attirent les opérateurs occidentaux.

 

Troisième secteur de l'économie lituanienne, l'agriculture représente 9 % du PIB, 24 % de la population active, 18 % des exportations totales et 9 % des importations totales.

 

La population rurale représente 32 % de la population totale et le nombre d'agriculteurs est équivalent à 10 % de la population totale. L'agriculture, secteur traditionnellement dominant qui représentait 27,8% du P.N.B. en 1994, traverse une crise profonde depuis quelques années liée à la restitution des terres et à leur rapide privatisation. Ce processus a en effet provoqué un morcellement des exploitations qui les rend incapables de faire face aux besoins d'investissements. Une exploitation privée moyenne ne compte guère aujourd'hui que 9 hectares.

 

La première image de la Lituanie vue du ciel est celle d'un pays couvert de forets. Elles occupent un tiers du territoire, essentiellement avec des pins et des conifères (62%), des chênes et des bouleaux. On compte en Lituanie 0,5 ha de foret par habitant. L'état lituanien possède 81,1% des forets. Leur privatisation va de pair avec le processus de restitution. Au 1er janvier 2001, les forets privées représentaient 22,8% de la surface forestière totale. Après entière restitution des droits de propriété, les forets appartenant  à l'état ne représenteront plus que 48% de la surface totale.

 

Le taux de chômage s'élève officiellement à 6,7 % (7,5% en 1998). Cependant, il ne prend en compte ni le chômage technique dû au développement rapide de l'économie de marché, ni l'importance de l'économie souterraine. Il se distribue aussi d'une manière inégale sur le territoire, plus élevé en zones rurales qu'en zones industrielles.

 

La Russie demeure le plus important partenaire commercial de la Lituanie avec un peu plus de 20% des échanges, alors que la part du commerce avec l'Union Européenne est inférieure à 45%.  Dès son indépendance, la Lituanie a entendu privilégier le développement de ses relations avec l'Europe occidentale. L'adhésion au Conseil de l'Europe le 14 mai 1993 a été le premier point d'ancrage en Europe. La Lituanie a déposé officiellement sa candidature à l'Union Européenne en décembre 1995 et a signé un accord d'association en vue d'augmenter les quotas d'exportation des produits textiles, ainsi qu'un accord de libre-échange avec l'AELE en décembre 1995, devenu effectif au 1er janvier 1998. Le 24 avril 2001, le Parlement lituanien a ratifié l'adhésion de la Lituanie à l'OMC et est devenu le 141ème pays membre de cette organisation.

 

La crainte de faire partie d'une " zone grise " de sécurité explique la volonté des autorités lituaniennes d'obtenir une appartenance pleine et entière à l'Alliance atlantique. Les Lituaniens sont enclins à penser que la Russie ne se résignera jamais à admettre la totale indépendance et souveraineté des Etats baltes, et qu'elle cherchera même à y reconquérir une certaine forme d'influence.

 

I.4 La Lituanie et la coopération culturelle

 

Depuis son entrée au Conseil de l'Europe, la Lituanie participe activement aux programmes mis en œuvre par l'Institution européenne. Dans le domaine du patrimoine culturel elle fait par exemple partie du groupe de pilotage de l'assistance technique. L'idée des journées européennes du patrimoine y a été popularisée par le choix de thèmes touchant tous les secteurs du bâti, y compris, nous l'avons déjà mentionné, le patrimoine des parcs historiques.

 

La coopération culturelle dans le cadre de l'UNESCO est également importante. Le Centre historique du vieux Vilnius a été classé sur la Liste du Patrimoine mondial, ce qui devrait permettre une coopération avec l'agence responsable de la revitalisation du centre historique, mais durant l'année 2000, le Parc National Kursiu Nerijos a rejoint cette meme liste au titre des paysages culturels. Ce Parc doit donc faire également l'objet d'un travail d'encadrement.

 

L'extension récente de certains programmes culturels de l'Union Européenne à la Lituanie - c'est le cas par exemple de Culture 2000 - mais aussi des programmes relatifs à la coopération en matière d'échanges d'expériences scolaires, d'échanges d'expériences en matière de formation professionnelle et d'échanges de jeunes durant (ou en dehors) du temps scolaire doivent permettre d'insérer la Lituanie dans des réponses aux appels d'offres européens sur la base de mises en réseau de collectivités territoriales, d'écoles ou de porteurs de projets privés.

 

I.5 La Lituanie et les itinéraires culturels

 

C'est le patrimoine baroque - très fortement présent en Lituanie, aussi bien dans les villes que dans l'espace rural -qui a constitué la première entrée de la Lituanie dans le cadre du programme des Itinéraires culturels. Des experts ont régulièrement participé aux groupes de travail réunis par le Conseil de l'Europe, mais c'est en 1996 qu'un séminaire international (France, Malte, Italie, Espagne…) a mis en relief à Vilnius meme cette participation.

 

A cette occasion, une exposition au Lithuanian Art Museum s'est accompagnée de la parution de deux catalogues complémentaires en Lituanien et en Anglais "Baroque Art in Lithuania" (3) (4) et d'un guide intitulé "Baroque in Lithuania" (5) réalisé sur le modèle de celui qui avait été publié quelques années auparavant pour la Slovénie. L'idée mise en avant est celle de la redécouvert d'un "monde perdu" dont la connaissance devrait permettre une meilleure lecture de l'histoire de la Lituanie.

 

Cette première exposition a été prolongée par différentes actions culturelles reprises en compte par une O.N.G. Mais malheureusement, il s'est passé plusieurs années sans que les contacts entre les experts lituaniens et les autres experts européens du Baroque se poursuive de manière régulière. On doit cependant noter la présentation du Baroque lituanien lors de la réunion de Budapest sur le Baroque hongrois en aout 2001.

 

L'Institut s'efforcera à faire en sorte que tant sur son site web, que lors de réponses à des appels d'offres européens, la Lituanie soit de nouveau mobilisée dans des coopérations européennes sur ce thème.

 

De manière plus générale, et pour répondre à la demande du Grand-Duché de Luxembourg qui souhaite voir l'accord politique créant l'Institut élargi à d'autres pays, l'Institut recherchera à établir une politique d'ensemble cohérente concernant les itinéraires culturels à partir des thèmes susceptibles de trouver une application en Lituanie, par exemple les Fêtes et Rites populaires ou les Théâtrales des Jeunes en Europe.

 

Une occasion de concrétiser cette démarche globale est offerte en mai 2002 lors de la réunion du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe à Vilnius, réunion qui marquera la fin de la Présidence lituanienne et le début de la Présidence luxembourgeoise.

 

 

        II / Descriptif général de la mission

 

II.1 Parcours

 

Pour éviter une longue énumération, nous donnons en annexe la carte du parcours, ainsi que la liste des sites proposés, documents qui ont été préparés par les responsables du ministère de la Culture.  (Annexes 1 et 2).

 

Les visites se sont déroulées de la manière suivante. Seule Mme Pozzana a assisté aux visites du 13 juin.

 

Ière  journée 9 juin : Parc de Burbiskis, Mont des croix, Parc Zagaré, Parc National de Zemaitija

 

IIème journée10 juin : Parc des sculptures Orvidai, Parcgéologique Mosèdis, Parc de Plungé et Parc de Rietavas,  Parc National de Kursiu nerija

 

IIIème journée 11 juin : Parc de Palanga, Parc de Gelgaudai, de Raudoné, et Kauno Raudondvaris (aperçu)

 

IVème journée 12 juin : Parc du Centre de l'Europe, et Parc des sculptures soviétiquesGrutas

 

Vème journée 13 juin : Parc Traku Voke, et Parc de Lentvaris, visite du quartier de chasse de Vilnius avec des maisons en bois

 

VIème journée : visite de Vilnius

  

 Les experts notent à ce propos:

 

Mariachiara Pozzana : "L'itinéraire suivi a fourni un cadre articulé et exhaustif des principaux problèmes et des situations les plus intéressantes. Nous avons pu rencontrer les responsables des jardins et parler avec eux. La présence de nombreux représentants des organisations locales nous a permis de nous approcher de la réalité des problèmes existants."

 

Marie-Paule Baussan : "Le programme de cette mission était un peu trop riche en visites puisque nous avions parfois moins d'une heure pour faire le tour de certains sites. Ceci dit, ce programme chargé nous a permis une assez bonne appréhension des problèmes qui se posent dans les parcs et jardins lituaniens historiques, ou du moins chargés d'histoire. Ce qui ressort nettement de cette mission, c'est que nos interlocuteurs lituaniens sont polarisés sur la conservation et la restauration de leur patrimoine de parcs et jardins, sur les restes bouleversés de l'histoire de leur pays et qu'ils négligent les aménagements paysagers qu'ils mettent en œuvre - par exemple les espaces verts à Vilnius, les aménagements dans le parc national de Kursiu Nerija, classé Patrimoine mondial depuis l'année 2000."  

 

 II.2 Questions posées et questions perçues

 

 Nous avons demandé aux experts de mettre d'abord en avant les questions posées par nos interlocuteurs, explicitement ou implicitement, ainsi que les questions majeures qu'ils ont perçues en termes d'identification et d'identité, ainsi que de partages des responsabilité en ce qui concerne les Parcs lituaniens visités.

 

Claudia Constantinescu :

 

1.      Compétence ministérielle. Compte tenu du fait que la plupart des parcs et jardins visités appartiennent à l’état, une première question s’impose : y a-t-il une vraie volonté politique d’intervention dans le futur proche et sur une base des projets soutenus par l’état dans ce domaine ? La seule réponse affirmative que nous avons reçue venait de la part du Ministère de la Culture, tandis  que le problème relève de la compétence de plusieurs secteurs : aménagement du territoire, équipement, agriculture, finances…

 

2.      Le secteur associatif. Y a-t-il à l’heure actuelle en Lituanie un secteur associatif suffisamment développé pour qu’il puisse représenter un partenaire pour l’état ou un porteur fiable de projets ? Ou encore, pour qu’il se porte en contre-pouvoir, capable d’influencer les décisions politiques ? La réponse personnelle est négative, après avoir rencontré une seule association – très active d’ailleurs, mais sur des projets locaux, ponctuels et de petites taille (travail avec les enfants de la commune, sensibilisation de la population locale qui aide à l’entretien du parc – Plungé )

 

3.      Rapport public-privé. Parmi les parc visités, trois constituent des propriétés privées et chacun est, d’une manière ou d’une autre, emblématique pour la Lituanie : Orvydas, Europos Parkas, Grütas (parc des statues soviétiques). A l’heure actuelle, y a-t-il un  encouragement de la part de l’état pour la privatisations de certains sites lui appartenant?  Et encore, quel investisseur (lituanien de préférence) prendrait en charge une telle gestion ?

 

4.      Domaine législatif. Quelle législation pour les parcs et jardins ? Et pour les sites protégés ? Et pour les réserves naturelles ? Quel outil d’application et quel contrôle ? (voir le site de Kursiu Nerija ).

 

5.      La formation. Le stade des formations existantes (ou non ?) dans le domaine de l’aménagement paysager, tous niveaux compris.

 

  

Mariachiara Pozzana

 

1.      La reconnaissance de l'identité du paysage. Paysages agricoles, parcs naturels, paysages spirituels, parcs historiques. L'identité est dans la nature, mais aussi dans la spiritualité des lieux que nous avons visités et dans le caractère archaïque de la culture paysanne, qui se traduit par les vastes plaines de la Lituanie centrale où, dans les campagnes on ne voit aucune machine agricole et où il semble qu'une partie du travail s'effectue encore manuellement. Les maisons de campagne sont "primitives". Tout semble tourner autour de l'économie minimale d'une famille.

 

2.      La physiologie du changement et la possibilité de conserver l'identité spirituelle et physique des lieux visités. Ce thème est relatif au paysage, aux parcs historiques et naturels, mais aussi à l'architecture, en particulier à l'architecture en bois, qu'elle soit simplement rurale, très délicate et fragile ou qu'elle soit plus riche et élaborée comme à Vilnius. Les paysages sont soumis à un danger de globalisation, en particulier le parc national Kursiu qui comporte une végétation et une architecture splendides et où le risque de banalisation est évident. 

 

3.      Les caractéristiques des parcs historiques visités. L'évolution historique de l'art des jardins en Lituanie, les rapports avec le reste de l'Europe - et en particulier la partie actuellement la plus développée - et l'influence des diverses nations européennes dans l'histoire (par exemple l'intervention d'Edouard André), tout montre que le discours historique est entièrement à construire.

 

  

Marie-Paule Baussan :

 

1.      L'importance et le traitement du patrimoine arboré. Deux points semblent importants pour comprendre le souci qu'ont les Lituaniens de la préservation de leur patrimoine arboré : d'une part, le pays a été complètement christianisé tardivement, au XIVème siècle, et la religion a remplacé des pratiques quasiment animistes. Les grands parcs se sont édifiés à l'emplacement de bois sacrés. D'autre part, le pays a été déforesté notamment sous l'occupation soviétique pour implanter des kolkhozes sur d'immenses parcelles qui ne sont plus exploitées ou du moins pas en totalité. La campagne offre un aspect désolé, comme coupée au cutter, déchirée. L'horizon est sans fin. Il y a peu de relief et quelques maigres bouquets d'arbres accrochent le regard.

 

2.      La formation initiale. Avant tout, un problème d'enseignement et de formation se pose : il n'existe pas une véritable école du paysage en Lituanie ni d'école d'horticulture. La création de ces unités d'enseignement apparaît comme un préalable et une urgence si le pays veut assurer son avenir en matière de paysages, que ce soit en milieu urbain ou non.

 

3.      Le sauvetage des arbres. Les parcs que nous avons visités possèdent tous des sujets remarquables. Le souci majeur de nos interlocuteurs est avant tout le sauvetage de ces arbres, parfois au détriment de l'établissement d'un véritable plan de gestion. La restauration et la préservation des sujets remarquables, au-delà d'une pratique forestière maîtrisée, ce qui est le cas, demandent une évaluation rigoureuse et la pose d'un diagnostic phyto-sanitaire. La création d'une agence phyto-sanitaire lituanienne serait nécessaire et trouverait tout son sens. Des échanges et une collaboration pourraient être envisagées avec la "clinique des arbres" à Gestel, un projet conduit par Michel Boulcourt (6). Le Centre Culturel Européen des Jardins et du Paysage peut servir de support pour une telle opération.

 

 

II.3 Regards sur les situations particulières

 

                         Claudia Constantinescu:

  

1.      L'attachement des Lituaniens au paysage aménagé. La première impression après ce tour de force qu'a constitué cette série de visites est que la Lituanie, pays à faible densité de population (voir plus haut) éparpillée dans un paysage plus varié qu’on aurait pu imaginer, avait et garde toujours un vrai attachement au paysage aménagé, qu’il soit transformé en jardin potager, verger, lieu de méditation personnelle ou parc princier, et nous avons vu tous les exemples. Nous avons surtout visité un nombre impressionnant des jardins nobiliaires, qui témoignent non seulement des échanges culturels que la Lituanie a pu avoir dans son époque la plus glorieuse, mais des filtres qu’elle a su mettre pour transformer à sa manière les influences des grandes écoles européennes du paysage.

 

2.      Constantes. Après 200 ans de présence russe et 50 ans de soviétisation forcenée, il est étonnant qu’on puisse trouver encore « en vie » les traces des mécènes lituaniens de l’art du jardin. J’y intègre, bien évidement, l’architecture des châteaux et palais lituaniens qui sont entourés de jardins. Et si je dis « les traces » c’est qu’on est à la fois impressionné tant par la densité des exemples que par leur l’état - à quelques exceptions déplorable-, dans leur totalité. 

 

3.      L'exemple de Palanga. Le parc de Palanga (1887), dessiné et réalisé par l’architecte français Edouard François André et son fils René Edouard André (qui a surveillé la mise en œuvre) constitue une exception exemplaire. La ville de Palanga se fait un devoir de financer l’entretien et l’aménagement du parc, inscrit comme 1er sur la liste des parcs protégés. En plus, ils ont trouvé un directeur très efficace et motivé.

 

4.      La dimension géologique. Dans le même sens on peut citer une autre exception qui est « le parc des pierres » de Mosèdis, très bien entretenu (du moins la petite partie que nous avons pu visitée) et mis en tourisme, avec une structure d’accueil qui propose un petit musée géologique et des publications de qualité.

 

5.      L'innovation privée. Une situation différente se présente pour les tout nouveaux  parcs privé comme l’exceptionnel parc des statues soviétiques (entretien presque parfait, mise en tourisme, accueil personnalisé, aménagement d’un musée, garde d’enfants, signalétique adéquate ) ou Europos Centro Muziejus, véritable musée d’art contemporaine en plein air, propriété de l’artiste lituanien Gintaras Karosas, qui accueille depuis son ouverture (il y a seulement 4 ans ?) des artistes comme Dennis Oppenheim, Magdalena Abakanowicz, Mircea Puscas, Makoto Ito… Parmi ces parcs privé, la propriété de Orvydas constitue à nos yeux un cas singulier dans lequel l’intervention de l’état pourrait seulement consister à imposer l’aménagement des abords.

 

6.      Menaces écologiques. Le parc national de Kursiu Nerija se trouve actuellement dans une situation dramatique : nous nous trouvons sur une presqu’île, avec un microclimat particulier qui facilite le développement d’une végétation rare, fragile, de dunes, avec une plantation de pins qui n’a plus été entretenue dernièrement, et avec tout un patrimoine construit et constitué par des petites maison traditionnelles en bois, en voie de disparition. Disparition due en fait à une incompréhensible invasion des villas des nouveaux riches, construites apparemment sans aucune autorisation (qui pouvait approuver leur construction sur un site protégé ?) et en train de s’asphyxier les unes les autres car de toute façon trop rapprochées sur le terrain. Il nous semble que c’est vraiment le dernier moment pour intervenir. Plus tard il sera trop tard.

 

 

Mariachiara Pozzana :

 

 1.      La montée du tourisme. La Lituanie est un pays qui est en train de s'ouvrir très rapidement au tourisme et qui devra exploiter les moyens essentiels constitués par un ensemble de parcs, qu'ils soient historiques ou naturels.

 

2.      Un choix politique. Les dix-sept parcs et sites visités sont d'un grand intérêt aussi bien historique que naturel et architectural. Ils présentent des conditions très diverses d'entretien, mais la plupart sont dans un état d'abandon. La récupération d'un patrimoine d'une aussi vaste ampleur réclame des choix de meme ampleur sur les plans politique, économique et technique.

 

3.      Difficultés public-privé. Presque tous les parcs visités sont publics, en tout cas en partie. Cette circonstance peut faciliter le processus de restauration et de valorisation. Mais quelques cas, comme le parc de Lentvaris dont la propriété est mixte, rendent beaucoup plus difficiles les interventions.

 

4.      La formation. Il semble qu'il n'existe aucune formation ou spécialisation dans le domaine des jardins historiques et de la restauration nécessitant des interventions artistiques complexes. Le risque encouru parles parcs est considérable si l'on considère l'état de ruine qui affecte certains d'entre eux. 

 

  

            II.4 Forces et faiblesses

 

            Les experts ont également analysé leurs visites en mettant l'accent sur certaines caractéristiques de fond. Nous avons surtout retenu la question de l'implication des différents acteurs.

 

            Claudia Constantinescu :

 

Implication des acteurs nationaux et locaux

 

A part l’inventaire réalisé par l’état et les règlements de protection sans doute plus avancés que leur application véritable, les acteurs nationaux ne semblent pas trop sensibles à ce patrimoine qui, d’après nous, pourrait représenter une véritable image de marque, une vitrine du pays. Toutefois, l’initiative (de l’état) de l’appel d’offres concernant le Parc des statues soviétiques est salutaire. Mais, pour ne nous arrêter que sur un détail :  dans quelles archives nationales peut-on trouver la documentation sur les parcs historiques nécessaire à toute restauration professionnelle ? 

 

Le niveau local semble plus motivé et impliqué sinon dans la sauvegarde, au moins dans l’entretien minimum des parcs. C’est au niveau local qu’on trouve l’intérêt pour des projets touristiques (aménagement ou même construction des bâtiments pour l’hébergement des groupes ), d’animation culturelle (les « nocturnes musicales » de Palanga), ou de re création des serres (qui ne sont pas toujours des vraies pépinières pour le parc, mais qui constituent une petite source complémentaire de revenus pour l’administration).

 

Implication du public

 

C’est toujours au niveau local que les administrations des parcs s’efforcent d’associer la société civile dans des projets comme la sensibilisation des enfants, la participation de la communauté locale aux travaux d’aménagement, mais cela reste toutefois une sorte de « politique de l’arrosoir ». A part les visites didactiques organisées par les écoles de la ville dans le parc géologique et quelques promeneurs à bicyclette égarés sur les allées, nous n’avons pas croisé beaucoup de visiteurs dans les parcs visités. Et personne n’a eu des réponses réelles à cette question essentielle de la fréquentation réelle. Apparemment il n’y a pas de discours médiatisé à l’intention du grand public, pas d’émission télévisées sur le sujet, pas de débat public.  

 

 

                II.5 Question à approfondir

 

            Les experts ont tous souhaité pouvoir approfondir certains points auxquels ils n'étaient pas en mesure de répondre, sauf à souligner certaines nécessités, compte tenu des temps de visite. Il s'agit pourtant de points très importants. Nous ne mentionnerons que certains qui induisent bien entendu la nature des programmes de coopération qui pourraient être mis en œuvre :

 

-         Analyse détaillée de la mise en valeur et des politiques de management;

-         Analyse détaillée des projets culturels;

-         Analyse détaillée des potentialités économiques (développement local, mise en tourisme, création de collections, formation à de nouveaux métiers…

-         Analyse des relations des sites avec leur environnement.

 

Mais aussi :

 

-         Accessibilité des parcs;

-         Information et interprétation;

-         Globalité des projets culturels et touristiques;

-         Aménagement durable du territoire.

 

 

                 II.6 Documents recueillis et consultés

 

Au cours de la mission et depuis, un certain nombre de documents touristiques, techniques ou historiques ont été réunis qui permettent d'illustrer ou d'approfondir les impressions recueillies au cours des visites. Une constatation générale montre qu'il n'existe que peu de documents de présentation interprétative ou de "Beaux Livres" sur les parcs et jardins en Lituanie, à l'exception de documents touristiques assez abondants sur les parcs naturels.

 

Aucune politique éditoriale d'ensemble, publique ou privée, culturelle ou touristique n'a semble-t-il été mise en œuvre à ce jour.

 

Ces documents ont été ajoutés à la bibliographie qui figure à la fin de ce rapport.

 

 

PLAN DE TRAVAIL

  

Avertissement

 

En dehors de la mission du mois de juin 2001, les contacts entre le Ministère de la Culture de Lituanie et l'Institut Européen des Itinéraires culturels ont continué. Une réunion du groupe de pilotage des coopérations entre architectes paysagistes de l'Est et de l'Ouest de l'Europe s'est tenue en octobre 2001 à Paris (voir annexe 3). Elle a permis, à partir d'une première liste de priorités de définir un axe de coopération qui puisse répondre à un programme européen relatif à la formation professionnelle, le programme Leonardo auquel la Lituanie a répondu par l'implication de la Ville de Palanga aux cotés de la Province de Namur en Belgique, de l'Institut Européen des Itinéraires culturels au Luxembourg, du Centre culturel européen des jardins et du paysage de Terrasson en France et du Centro studi sul giardino e il paesaggio / Study Centre on gardens and landcape en Italie (Annexe 4).

 

On peut en quelque sorte dire que l'action a précédé la fin de la réflexion en amenant les partenaires à choisir une priorité en ce qui concerne la formation professionnelle et tout particulièrement la définition de nouveaux métiers et l'amélioration de la formation des personnels municipaux. Il n'en reste pas moins que les experts ont voulu souligner dans le plan de travail qui pourrait être engagé au futur, un certain nombre d'autres priorités.

 

 

I.1 Urgences et priorités

 

                        Claudia Constantinescu :

 

1.      S’il n’y a pas de volonté, de conscience politique au niveau gouvernemental, le seul capable de donner une cohérence aux actions entreprises, de débloquer des financements et de travailler de manière systématique sur l’ensemble de ce riche patrimoine, toute intervention risque de rester ponctuelle et sans suites à long terme. Il s'agit donc de continuer à mobiliser le Gouvernement lituanien, de manière interministérielle pour soutenir les initiatives de coopération européennes qui seront choisies, y compris au travers des collectivités territoriales et des O.N.G.

 

2.      Un manque aigu de formation se fait ressenti à tous les niveau, du simple jardinier à l’architecte paysagiste, en passant par les techniciens de toutes sortes. Actuellement, l’Ecole Nationale d’Agronomie installée dans les bâtiments restaurés du parc de Kauno Ranedoudvaris essaie de proposer une formation en architecture paysagère, mais pour l’instant l’initiative se trouve en phase de projet. Il s'agit donc de travailler d'abord sur les questions de formation professionnelle.

 

  

Mariachiara Pozzana:

 

Il semble nécessaire d'articuler la démarche de ré appropriation des parcs selon plusieurs niveaux:

 

1-       La formation professionnelle à différents niveaux que ce soit les paysagistes, les techniciens et aussi les jardiniers. Les cours peuvent être de durée variable, d'un an à un mois selon les sujets. La formation professionnelle peut être aussi organisée en dehors de la Lituanie, avec des séjours en France, en Italie etc.

 

2-       Un projet pilote devrait être mis en œuvre dans un parc qui présente les caractéristiques les plus appropriées selon son importance, sa situation, la disponibilité des mairies etc. Le projet pourrait être suivi par une équipe internationale (Ce serait le cas de certains des parcs d'Edouard André, comme Palanga ou Lentvaris…).

 

3-       La mise en place d'une ou de plusieurs écoles - chantiers d'été. Une école internationale chantier qui se tiendrait pendant les mois d'été en collaboration avec d'autres écoles européennes ou des centres de formation (Terrasson, Florence etc.). L'école chantier pourrait aussi être associée au parc qui serait l'objet du projet pilote évoqué au point 2.

 

4-        Le jumelage entre un parc lituanien et un autre parc européen, ce qui nécessiterait d'identifier des besoins communs en termes de récupération et de valorisation.

 

5-       La création d'un itinéraire touristique des jardins historiques de Lituanie en choisissant pour le moment les parcs qui sont dans le meilleur état de conservation. Ceci nécessite bien entendu d'accélérer les recherches historiques et le travail de documentation et de relevés (végétation, bâtiments, systèmes hydrauliques etc.).

 

  

                        Marie-Paule Baussan :

 

            Au-delà des problèmes que pose le patrimoine existant et le patrimoine arboré en matière de conservation et de restauration, il semble que le souci prioritaire concerne aussi les aménagements, le paysage à venir et ce qui est déjà réalisé ou en cours. Une réflexion plus globale doit être entreprise sur :

 

-         Une politique à la fois d'aménagement de territoire et d'ambition touristique. Quelle est la plus-value que la Lituanie peut attendre de ses parcs, jardins et paysages ?

 

-         Quelle qualification, requalification des paysages, dans un projet de développement durable, faut-il envisager ?

 

-         L'histoire a violenté ce territoire et l'a marqué. Faut-il en éliminer les traces ou bien les considérer et les mettre en perspective?

 

-         Un colloque pourrait être préparé sur le thème de la violence et du paysage. Un workshop photographique sur le thème "des paysages totalitaires" pourrait être un préalable à la fois comme  instrument de réflexion et comme démarche de mémoire. Ce workshop devrait convoquer des photographes de différents pays d'Europe et de différentes cultures pour croiser les regards.

 

-         Des opérations de sensibilisation du grand public sont à mettre en place également. Une version balte du salon du livre de jardins qui se déroule chaque année à Terrasson et qui a vu une édition au Québec en septembre 2001, pourrait voir le jour et être doublée de rencontres professionnelles entre des éditeurs européens.

 

 

I.2 Comment construire l'avenir ?

 

           Il nous a donc paru important de fonder une première réflexion à la fois sur des remarques générales et des mesures d’urgence.

 

          Tous les experts ont souligné la qualité de la préparation de la mission, l’ampleur et la diversité des sites visités qui ont constitué pour eux une véritable découverte. Cela indique bien qu'il existe une potentialité de développement qui serve de vitrine au tourisme lituanien, de moteur au développement local et de mobilisation de la société civile.  

 

       

Cela signifie aussi que le choix prioritaire de mise en valeur des Parcs culturels historiques et contemporains devrait constituer pour la Lituanie à la fois une démarche pertinente pour la mobilisation d'une action planifiée des services de protection du patrimoine et de l'action culturelle (livre, arts plastiques, musique…) et une démarche transversale, mettant en œuvre des coopérations à long terme entre les ministères concernés.

 

Un plan d'ensemble qui serait doté d'un nom emblématique devrait donc être adopté à l'échelle du gouvernement et des collectivités territoriales

 

Ils se sont également accordés à considérer que la Lituanie pouvait constituer un pays pilote pour ce qui  concerne la mise en œuvre d’un itinéraire « Parcs et Paysage » qui soit susceptible de permettre une offre culturelle et touristique globale et de se décliner selon plusieurs thématiques :

 

-         un espace sacré ;

-         paysage et mémoire ;

-         de la géologie au land art ;

-         l’itinéraire des parcs d’Edouard André…

 

 

              

Ils ont de plus souligné la nécessité de commencer par des projets ancrés localement, des projets pouvant correspondre à des situations d’urgence mais dont l’exemplarité soit susceptible de mobiliser au cours de réunions, de séminaires, de formation et de rencontres inter ministérielles une majorité des sites concernés.

 

 

   

        Pour la mise en œuvre de ces actions ils ont mis en avant un certain nombre de mots ou de concepts clés :

 

Sur la reconnaissance de l'identité du paysage.  

 

L’identité est dans la nature, mais aussi dans la spiritualité des lieux et dans le caractère archaïque de la culture paysanne.

 

Sur la physiologie du changement.

 

Les paysages sont en danger de globalisation. 

 

Sur les caractéristiques des parcs historiques.

 

Une histoire des parcs est à faire. 

 

 

        Ils ont également souligné des faits marquants :

 

        La formation quasi inexistante. Pas d’école du paysage ni d’école d’horticulture. Pas de firmes d'horticulture structurées.

 

        La nécessité d’une liaison inter ministérielle qui concerne la protection du patrimoine, action culturelle, aménagement du territoire et développement touristique

 

        La nécessité de sensibiliser le public. Il n’y a pas de manifestation créant des liens entre les partenaires potentiels.

 

  

I.3 Stratégies à court et moyen terme

 

I.3.1 Les dimensions de la démarche des itinéraires culturels

 

Le plan de travail passe par des priorités et des perspectives à plus long terme. L'Institut Européen des Itinéraires culturels et le Centre culturel de Terrasson continueront à être associés et partenaires de la préparation de ces actions et chercheront à mettre en œuvre les programmes européens nécessaires à la recherche de financements. 

 

De meme, il nous semble très important que l'ouverture de la Convention Européenne du Paysage permette à la Lituanie d'inscrire les actions entreprises dans la démarche de l'Institution strabourgeoise qui cherche elle meme à mettre en avant des exemples de bonnes pratiques en la matière.

 

Mais c'est au travers des axes de mise en œuvre de l'Itinéraire des Parcs et Jardins et du Paysage du Conseil de l'Europe que les actions proposées devraient s'inscrire.

 

La dimension pluridisciplinaire. Elle soit être présente dans toutes les actions envisagées. Mais c'est aussi une dimension qui implique la mobilisation inter ministérielle. Elle implique en Lituanie des rencontres fréquentes avec les différents ministères et directions concernés. Elle implique que des programmes de travail soient proposés sur une base de complémentarité et de coopération. Elle implique, nous l'avons déjà souligné, l'adoption d'un plan au niveau meme du gouvernement lituanien.

 

La dimension de citoyenneté. Compte tenu du fait que la population lituanienne semble très proche de la dimension naturelle et a déjà su donner à certains sites une dimension familière ou sacrée, que des manifestations calendaires sont organisées dans les parcs avec un certain succès, il serait sans doute facile de mobiliser la presse et les médias pour différentes occasions saisonnières. Le mois des jardins accompagné de la publication de brochures régionales, tel que le Ministère de la Culture l'a organisé en France pendant plus de dix ans s'est avéré un catalyseur de premier plan. Il en est de meme de la journée de l'arbre qui continue avec grand succès en Belgique. Mais c'est au travers du milieu scolaire qu'un travail de sensibilisation devrait être entrepris. Les jardins d'écoles, dans une acception citoyenne et pluridisciplinaire, tels qu'ils se sont développés au travers du réseau COMENIUS reçoivent un grand succès. Une présentation de cette expérience aux responsables pédagogiques lituaniens à la fin de sa première phase en 2003 pourrait amener à inclure des écoles lituaniennes dans une seconde phase.

 

Il va de soi que l'organisation de cafés jardins ou de cafés paysages amenant des professionnels à rencontrer le public et l'organisation d'un salon du livre de jardins et de nature de l'espace balte constitueraient des points d'ancrage pour le public et pour les médias.  Sans compter que serait ainsi offerte l'établissement de coopérations avec les pays voisins.

 

      La dimension d'identité. L'histoire des jardins et du paysage lituanien reste en effet à écrire. Elle devrait être conçue dans un esprit d'ouverture et dans une perspective de lecture et d'interprétation européennes. Il serait certainement aisé à l'Institut et au Centre culturel, en collaboration avec le Ministère de la Culture de Lituanie de réunir une équipe rédactionnelle dans cette perspective et d'inscrire dans les sites web des deux partenaires un espace d'interprétation et de visite des Parcs lituaniens. La dimension de la mémoire semble une évidence dans ce cadre et le prochain séminaire de Terrasson qui est consacré à ce sujet devrait permettre une première approche de la lecture mémorielle des jardins lituaniens. Il semble clair également que la dimension du livre, qu'il s'agisse d'ouvrages de fiction ou d'ouvrages historiques est une voie à explorer. Elle doit permettre une meilleure lecture des parcs lituaniens. L'Institut et le Centre culturel, avec des partenaires belges, italiens, espagnols et suisses ont réfléchi à la présentation d'une réponse à l'appel d'offres Culture 2000 pour l'année 2004 qui porte sur les livres et les jardins. Outre l'organisation de salons du livre, il est prévu d'inviter des écrivains en résidence et de créer une relation entre jardins, bibliophilie et iconophilie sous forme d'une exposition scénographiée mettant en perspective livres et documents anciens et jardins. Cette exposition pourrait être accueillie en Lituanie et reliée aux trésors des bibliothèques universitaires lituaniennes. 

 

La dimension du spectacle. C'est un aspect qui rejoint plus largement la nécessité de mettre en œuvre une politique concertée entre le secteur du patrimoine et celui de l'action culturelle. Aucun itinéraire culturel ne peut se concevoir sans cette relation intime qui fait intervenir des plasticiens et les arts du spectacle. La mise en place d'un premier itinéraire sur les espaces sacrés pourrait s'accompagner d'un tel programme.

 

La dimension de la mise en tourisme et du développement durable. Il s'agit là d'un ensemble de démarches qui ne peuvent se concevoir que dans une large coopération entre ministères de compétences, ce qui rejoint le premier point évoqué plus haut concernant la mise en œuvre d'un programme interministériel. Une première phase pourrait être constituée par la signature d'une convention culture - tourisme, telle qu'elle existe dans des pays de plus en plus nombreux, à l'Est comme à l'Ouest.

 

I.3.2 L'amélioration de la formation professionnelle

 

Parmi toutes les mesures d'urgence c'est celle de la formation professionnelle qui revient dans toutes les analyses des experts. Nous ne reviendrons pas sur le programme Leonardo qui a été proposé cette année et qui sera reformulé en cas d'échec sur la base de la recherche des besoins des collectivités territoriales. Nous insisterons plutôt sur le fait que cette proposition vise à terme à créer une base de données pour la formation à distance (E-learning).



 

            I.3.3 Un séminaire fondateur

 

Il nous a semblé nécessaire à la fois de prolonger la première mission d'experts et d'ouvrir au plus vite un espace de discussion entre professionnels, quels que soient les résultats de l'appel d'offres Leonardo.

 

La Direction de la Protection du Patrimoine lituanien (Ministère de la Culture), l'Institut Européen des Itinéraires culturels du Conseil de l'Europe (Grand-Duché de Luxembourg) et le Centre Culturel Européen des Jardins et du Paysage de Terrasson (France) ont donc décidé d'organiser du 9 au 14 mai prochain en Lituanie un séminaire sur les Parcs et Jardins sous le titre "Itinéraires des Parcs et Jardins : expériences et projets européens".

 

 

Le séminaire aura lieu à Palanga du 10 au 12 mai et à Vilnius les 13 et 14 mai.

Les participants en seront des professionnels et des experts lituaniens, français, italiens, anglais, belges, hongrois et roumains.

 

Le 10 mai, une première journée ouverte aux professionnels lituaniens (responsables ministériels (culture, éducation, environnement…) responsables de parcs historiques, enseignants, gestionnaires de parcs naturels, O.N.G…) présentera l'état général de la question de la restauration, de l'entretien, du management, de la protection et de la création des parcs.

 

Les deux autres journées réservées aux responsables de sites se dérouleront sous forme d'ateliers permettant la confrontation d'expériences lituaniennes et européennes à partir de quatre questions :

 

-         "Restaurer : pourquoi?

 

-         Création d'un jardin, où et comment ?

 

-         Des paysages pour les touristes ?

 

-         Métiers connus et inconnus ?"

 

Les 13 et 14 mai aura lieu un atelier visant l'étude pratique, par un ensemble d'architectes et de paysagistes européens, d'un parc de la ville de Vilnius susceptible de faire l'objet d'une restauration par la Ville dans les années à venir. Ce travail sera fait en coopération avec le Ministère de la Culture, la Ville de Vilnius et l'Agence de revitalisation de la vieille ville de Vilnius.

 

Afin de sensibiliser le grand public et les médias lituaniens, nous souhaitons également organiser des conférences dans le cadre de l'Institut Français et de l'Instituto Italiano di Cultura.

 

Une information presse commune sera organisée entre ce séminaire et le Salon du livre de jardins et de l'imaginaire de Terrasson qui aura lieu les 25 et 26 mai suivant.

  

 

Participants pressentis :

 

Ville de Terrasson :

 

M. Jean-Paul Dumas, Directeur du Centre Culturel de Terrasson - Responsable des Jardins de l'imaginaire - Responsable du Salon du live de jardins et de l'imaginaire.

 

M. Arsène Duret, élu municipal de Terrasson, chargé des Jardins de l'Imaginaire et Directeur de l'Office de tourisme de Terrasson.

 

Pour le Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux du Conseil de l'Europe :

 

M. Roland Riess, ancien maire de Strasbourg, Rapporteur du CPLRE sur les Villes Historiques. Membres du Conseil d'Administration de l'Institut.

 

Experts

 

M. Michel Baridon, historien Auteur de "Les Jardins. Paysagistes - Jardiniers - Poètes". Collection Bouquins Robert Laffont éditeur.

 

M. Gilles Clément, architecte paysagiste. Enseignant à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. Directeur de l'Agence Acanthe, Paris. Créateur des jardins Citroen, Paris et du Conservatoire végétal du Rayol, auteur de nombreux ouvrages sur les jardins dont "Le jardin en mouvement", et de romans, commissaire de l'exposition "Le Jardin planétaire", Grande Halle de La Villette Paris.

 

M. Michel Boulcourt, architecte paysagiste. Enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage de Blois.

 

M. Alain Richert, architecte paysagiste.

 

Mme Monique Mosser, historienne de l'art, ingénieur au CNRS et coresponsable du DESS "Jardins historiques et paysages" Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. Commissaire de l'exposition "Jardins 1760-1820. Auteur avec Georges Teyssot de l'ouvrage "Histoire des jardins de la Renaissance à nos jours", Flammarion éditeur.

 

Stéphanie de Courtois, chargée de la conservation des potagers du Roi. Prépare une thèse sur Edouard André (l'architecte paysagiste du Parc de Palanga).

 

Les autres intervenants seront italiens, belges, anglais, hongrois et roumains.

 

Ils illustreront les Parcs historiques en Italie( Florence par Mme Mariachiara Pozzana) et en Hongrie (Parc Esterhazy), des parcs naturels en Italie et en Espagne, des espaces nouveaux, tels le projet Eden en Cornouailles anglaises, ou des espaces de mémoire tel le Jardin des trois cultures à Madrid, Espagne.  Ils feront intervenir également des spécialistes de l'urbain aussi bien à l'Ouest (Lyon ou Dijon en France…) qu'à l'Est (Bucarest en Roumanie).

 

Le Conseil de l'Europe devrait être représenté par José Maria Ballester, Directeur de la culture et du patrimoine culturel et naturel et par Mme Béatrice Selflagh, Présidente du Comité du Patrimoine.

Ce séminaire sera précédé de quelques jours par la réunion à Vilnius de la Conférence des Ministres du Conseil de l'Europe qui se tient à l'occasion de la fin de la Présidence lituanienne et du début de la Présidence luxembourgeoise.

 

Il semblerait important qu'à cette occasion le présent rapport, traduit en anglais et en lituanien et accompagné des photographies prises par les experts soit distribué sous forme d'un CD-ROM aux ministres présents àVilnius par Mme Lydie Polfer, Ministre des Affaires Etrangères du Grand-Duché de Luxembourg. 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 (1)   Istoriniai Parkai ir Sodai Lietuvoje.  Europos paveldo dienos 1999.

 

(2)   Information sur les parcs et jardins en Lituanie. Séminaire de Terrasson, septembre 2000. A paraître en français et en anglais dans "Carnets de Campagne", publication du Conseil de l'Europe.

 

(3)   et

 

(4)   Baroko daile Lietuvoje - Baroque Art in Lithuania. Catalogues de l'exposition au Lithuanian Art Museum. 1996.

 

(5)   Baroque in Lithuania. Guide. Baltos Lankos. 1996.

 

(6)   La clinique des arbres. Communauté d'agglomération du Pays de Lorient. Commune de Gestel. Morbihan France. Septembre 2001.

 

 

OUVRAGES  ET SITES CONSULTES

 

Généralités

 

La Lituanie. Un des Pays Baltes. Algirdas Julien Greimas et Saulius Zukas. Baltos Lankos. 1993. Un parcours écrit sur l'état de la Lituanie après l'indépendance.

 

Lituanie. Nature, histoire, culture, villes. R. Parknio Leidykla. 1997. Ouvrage illustré sur les villes et les sites.

 

Lietuva. Lithuania. Litauen. Firm VTF. 1998. Illustrations et textes sur un certain nombre de sites importants en Lituanie.

 

Lietuva. R. Parknio Leidykla. 2000. Ouvrage photographique accompagné d'un court texte en lituanien, allemand et russe.

 

Un certain nombre de sites web complètent cette information :

 

L'Encyclopédie Hachette. Article Lituanie. La Carte. Les sites. Les données.

http://www.encyclopedie-hachette.net/FRANCO/ARTICLES/cl_813.html

 

Les sites d'universités et de villes engagées dans des coopération bilatérales.

La Lituanie.

http://www.bourges-univ-orleans.fr/usf/lituanie.htm

 

La Lituanie

http://www.strasbourg.cci.fr/lituanie/accueil.htm

 

Un site personnel très à jour sur tous les aspects de la Lituanie avec une librairie en ligne

http://www2.omnitel.net/ramunas/Lietuva/

 

L'ambassade de Lituanie à Paris qu dispose d'une lettre d'information en ligne

http://www.amb-lituanie-paris.fr

 

Sur Vilnius

 

Czechowicz. XIXamziaus Vilniaus vaizdai. Nineteenth Century Sights of Vilnius. Baltos Lankos. 1995. Des photographies du XIXème siècle sur la capitale.

 

Vilnius. City guide. (en plusieurs langues).2001. Tomas Venclova. R.Paknio Leidykla. Un guide très bien fait sur la capitale. 

 

Un ensemble de documents a été publié sur le vieux Vilnius par la Vilnius Old Town Renewal Agency

 

 

Parcs naturels

 

Généralités

 

Discover Nature. Welcome to the National and Regional Parks of Lithuania. Department of Forests and Protected Areas. 2000.

 

Protected Areas of Lithuania. Department of Forests and Protected Areas. 2000.

 

            Ouvrages ou brochures spécifiques

 

Zemaitijos Nacionalinis Parkas. Publication de la direction du Parc. 2001.  Ainsi qu'une carte commentée.

 

            Cartes commentées

 

South-West Lithuania. Area guide. Fea&turing Kaunas, Alytus, Jurbarkas and Kédainiai.

 

Joniskis. Maps.

 

            Sites web

 

Kursiu Nerija National Park.

http://www.nerija.lt/en/info

 

Le State Department of tourism présente sur son site de longues informations sur les parcs naturels et régionaux

http://www.tourism.lt/nature/nature.htm

Aukstaitija National Park

http://www.tourism.lt/nature/parks/aukstaitija.html

DzukijaNational Park

http://www.tourism.lt/nature/parks/dzukija.html

 

Trakai Historical- National Park

http://www.tourism.lt/nature/parks/trakainp.html

Kursiu Nerija National Park

http://www.tourism.lt/nature/parks/kursiunerija.html

Zemaitija National Park

http://www.tourism.lt/nature/parks/zemaitija.html

 

 

        Parcs historiques

 

Plunge

 

AplankykitePlunge.Welcome to Plungé. 1995.

 

Mano Gimtasis Miestas Plungé. Nuo 1850 Metu. My native town Plungésince 1850. 1999-2000.

 

Zemaiciu Dailés Muziejus. 1997. Histoire du Parc et du musée.

 

 

Rietavo

 

Rietavas Municipality.

 

Palanga

 

La ville de Palanga a publié une brochure de présentation de la ville en lituanien, anglais, allemand et russe, accompagnée de dépliants touristiques sur les accueils pour conférences et les établissements de cure.

 

Palangos Botanikos Parkas. Dépliant en lituanien, anglais, allemand et russe.

 

Jurbarkas

 

Jurbarkas. Map.

 

Discover Jurbarkas. 1997. Dépliant.

 

Parcs contemporains

 

Unikaliu akmenumuziejus Mosédyje. Unique Stone Museum in Mosédis. Brochure de présentation du parc.

 

 

Sites web

 

En dehors des sites déjà cités dans l'extrait de l'intervention de Alfredas Jomantas, un site est consacré à Europos Parkas. Open-air museum of the Centre of Europe.

http://www.elnet.lt/menai/europarkas

 

Sur Edouard André

 

Edouard André 1840-1911. Extrait de la Revue horticole N° de novembre 1911.

 

Edouard André (1840-1911). Un paysagiste botaniste sur les chemins du monde. Sous la direction de Florence André et Stéphanie de Courtois. Les Editions de l'Imprimeur. 2001. Collection Jardins et Paysages (Dirigée par Monique Moser). ISBN : 2-910735-35-4.

Grand voyageur, de la Lituanie à la Bulgarie, de Liverpool à Montevideo, intervenant sur les Parcs de Luxembourg, défenseur du style composite ou mixte, Edouard André a aussi fait œuvre théorique en publiant en 1879 un ouvrage dont le succès ne s'est jamais démenti : l'Art des jardins. Traité de la composition des parcs et jardins où il synthétise brillamment réflexions esthétiques, techniques de réalisation et connaissance des végétaux. Cet ouvrage constitue la prolongation du colloque de Tours en avril 1998. Comme le signale Monique Mauser, bien des interrogations subsistent encore : "Les travaux réunis ici répondent à certaines questions, mais ouvrent en meme temps bien des pistes qui resteront à explorer. Ainsi, il apparaît encore difficile de clairement caractériser les traits d'une esthétique spécifique d'Edouard André, si on le compare à ses contemporains les plus célèbres. Fut-il le plus parfait représentant de l'éclectisme ambiant, formule déjà définie par Thouin dont il se recommande, mais qu'il va affiner en revendiquant la pratique du "style mixte" ? Fut-il un "académique" à placer aux cotés des tenants de l'Ecole des Beaux-Arts, coté jardins, ou encore un pur positiviste, attentif principalement aux aspects "scientifiques" de sa profession ? Et qu'en fut-il de cette "Ecole d'Edouard André" signalée par l'historien Ernest de Ganay ? Sans doute pourrons-nous mieux cerner ces interrogations par une meilleure connaissance des lieux aménagés par le paysagiste. La nécessité d'étudier en profondeur les parcs du XIXème siècle en général et ceux du second Empire en particulier, du moins ceux qui ont survécu aux destructions et aux transformations du dernier demi-siècle, s'impose ; d'où à ce propos le role essentiel - que l'on a signalé en commençant - des préinventaires de jardins…" Deux articles portent sur Palanga : "Les travaux d'Edouard André et l'architecture des jardins en Lituanie" par Regimantas Pilkauskas et "Les plantations du parcdePalanga en Lituanie: les choix d'Edouard André" par Antanas Sebeckas, Vaiva Deveikiené et Stéponas Deveikis.

 

 

ANNEXES

 

Annexe 1  Carte du parcours

 

Annexe 2 Information de référence sur les parcs et lieux

 

Annexe 3 Document introductif à la réunion du Comité de pilotage Paris octobre 2001

 

Annexe 4 Description du programme Leonardo

 

Documents photographiques

 

Les documents photographiques seront transcrits sur CD-ROM

 

Annexe 1  Carte du parcours

 

Annexe 2 Information de référence sur les parcs et lieux

 

Annexe 3 Document introductif à la réunion du Comité de pilotage Paris octobre 2001

  

 

Luxembourg, le 9 octobre 2001

 

 

 

 

Comité de Pilotage des actions européennes du Centre Culturel Européen des Jardins et du Paysage

Première réunion

 

Ordre du jour et documents de travail

 Liste des participants

 

  

Lundi 22 octobre de 9H30 à 18H au siège du Conseil de l’Europe à Paris

(55 avenue Kléber 75784 Paris Cedex).

 

 

     Ordre du jour de la réunion :

  

Il y a un peu plus d’un an avait lieu à Terrasson la première rencontre Est-Ouest des architectes paysagistes.

 

Cette rencontre visait à un premier recensement de travaux et d’études de cas sur les jardins et le paysage en Europe de l’Est (Bosnie et Herzégovine, Lituanie, Roumanie, Hongrie, Croatie…) et un bilan des actions pédagogiques. Elle devait également apporter des informations sur les approches pédagogiques françaises (Versailles, Bordeaux, Blois…) et permettre des comparaisons avec les enseignements à l’Est.

 

Elle a permis d’établir des contacts personnels entre professionnels de secteurs complémentaires : architectes, paysagistes, responsables du patrimoine, enseignants, responsables administratifs, représentants de Fédérations professionnelles, acteurs culturels, comme c’est toujours le cas dans les groupes de travail des Itinéraires culturels du Conseil de l’Europe.

 

Elle a enfin déterminé le Centre Culturel de Terrasson et l’Institut à préparer des missions de repérage et d’évaluation dans deux pays d’Europe centrale et orientale : la Lituanie et la Hongrie, missions auxquelles ont participé Mariachiara Pozzana, architecte de Florence Claudia Constantinescu, architecte de Bucarest, Marie-Paule Baussan et Michel Thomas-Penette.

 

De plus, les deux partenaires ont commencé à repérer les sources de financement européens susceptibles de correspondre aux actions nécessaires et à travailler en commun sur les outils d’information.

 

Pour avancer dans leur démarche, les deux partenaires ont ressenti le besoin de réunir un Comité de pilotage qui examine de manière critique et constructive avec les deux partenaires le programme de travail envisagé.

 

Les points abordés lors de la réunion seront les suivants :

 

-         Présentation des participants

 

-         Présentation de l’action engagée par les deux partenaires.

 

-         Bilan des premières missions de repérage. Urgences et catégories d’interventions. Actions de formation et de sensibilisation.

 

-         Actions à engager dans le cadre des appels d’offres et des programmes de l’Union Européenne et des cadres de travail du Conseil de l’Europe.

 

-         Information et communication : Actes des réunions. Lettes d’information. Site internet.

 

-         Préparation d’une seconde rencontre à Terrasson sur le thème « Mémoire du paysage. Jardins de mémoire ».

 

Conclusions et calendrier de travail. 

 

  

 

-         Liste des participants (*):

 

 

Patricia CLEVELAND-PECK

Journaliste

Harelands Ashurst Wood

UK- East Grinstead Sussex RH 19 3SL

Tel. : Forest Row (01342) 82 25 80.

E-mail : patriciacp@mistral.co.uk

 

Claudia CONSTANTINESCU

Architecte – Expert consultant du Conseil de l’Europe

et de l’Institut Européen des Itinéraires culturels

Institut Prodomus S.A.

Str. Nicolae Filipescu nr. 53-55, sector 2

RO- 70136 BUCURESTI

Tél. : +00 40 1 211 66 54

Fax. : +00 40 1 211 38 45

E-mail : claudia@digi.ro

 

Jean-Christophe BAILLY

Philosophe

Enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure

de la Nature et du Paysage de Blois

3, rue René Boulanger

F-75010 PARIS

(Excusé)

 

Michel BOULCOURT

Architecte paysagiste

Enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure

de la Nature et du Paysage de Blois

51bis, boulevard de Montmorency

F-95170 DEUIL-LA-BARRE

Tél. : +00 33 1 30 10 80 72

Fax. : +00 33 1 30 10 80 73

E-mail : michel.boulcourt@free.fr

 

Alfredas JOMANTAS

Ministère de la Culture de Lituanie

Département de la protection du patrimoine culturel

Tél. : +00 370 2 724 084

Fax : +00 370 2 724 058

e-mail : zai@is.lt

 

Alain RICHERT

Architecte paysagiste

Tél. : +00 33 1 43 57 16 77

Ou : +00 33 2 33 36 93 20

Fax. : +00 33 2 3339 58 22

 

INSTITUT EUROPEEN DES ITINERAIRES CULTURELS

 

Michel THOMAS-PENETTE

Directeur

Tour Jacob - Plateau du Rham

L-2427 LUXEMBOURG

Tél. : +00 352 241 250 Fax. : +00 352 241 176

E-mail : thopenet@club-internet.fr

or

institut@culture-routes.lu

 

Internet :        http://culture.coe.fr/routes

                        http://www.culture-routes.lu/home.html

 

 

CENTRE CULTUREL EUROPEEN  DES JARDINS ET DU PAYSAGE

 

Jean-Paul DUMAS

Directeur

5, rue Marcel Michel

F-24120 TERRASSON

Tél. : +00 33 5 53 50 13 80. Fax. : +00 33 5 53 50 46 76

E-mail : ecm.terrasson@wanadoo.fr

 

Marie-Paule BAUSSAN

Chargée de mission



Annexe 4 Description du programme Leonardo (en anglais)

 

Following some meetings of landscape architects from western and eastern Europe, it appeared that parks and cultural landscapes became a challenge in the development of tourism, culture and heritage policies for local authorities of all Europe. Regions and municipalities should indeed be able to face it by setting up programs or projects which aim at valorisation of the "natural" heritage they have to take care of, following proposals or studies of landscape architects, among which the elected responsible have difficulties to decide in the better way. It is a question at the same time of meeting the needs of the local population in terms of quality of life and the expectations of the guests in terms of diversification of the touristic offer. When the project is realised, often problems arise which were not still taken into account at the stage of the call for tender, among others : viability of the project in its geographic and economic context; evaluation of the ambition of the investments and the result of the exploitation: (sustainability; long-run responsibility; quality and professionalisation of the staffs); marketing and communication of the project. It is quite particularly the case in countries in process of economic transition (a reason why Lithuania was chosen for promoter) that neglected for a long time these types of outcomes. The choice of Lithuania relates also to the fact that in this country local authorities have to keep and manage more than thousand of historical parks that suffered a lot, as well as set of regional natural parks with an important touristic interest and that, as for E.U candidate countries, protection and planning are crucial issues and are linked to very recent laws and regulations. 

 

The project thus aims at a better definition of a new professional profile of project's mediator allowing to establish a better dialogue between the large variety of the implied professions and the decision-makers. This implies at the same time improvement of staff competence, taking into account the constant evolution of maintenance techniques and the necessity of rediscovering forgotten techniques, as well as insuring better management and animation's policies. The methodology of the project thus aims at sharing experiences and skills and at a better definition of needs regarding the professional profiles. It will be implemented through working meetings and studies of concrete cases chosen in the partners countries. The key themes will be : Historic parks and tourism; Contemporary Parks and innovation; Rediscovery of the forgotten techniques; Training of technicians on the ground; Sustainable development of parks in countries in economic transition; Awareness raising of the local populations. The main objective is to elaborate a common methodology to be used in every country of the partners and to include the results in a data base accessible by internet and to elaborate a practical manual for decision-makers helping them to direct better their choices in term of recruitment of the staff. This data base could be used afterwards by the partners  for the setting-up of an e-learning project. 

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